Convention de la Diaspora Gabonaise
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Pour nos martyrs politiques

03/09/2017

Pour nos martyrs politiques

Dans le cadre de la Semaine de Commémoration des martyrs gabonais,le Président de la Convention de la Diaspora Gabonaise (CDG), le Professeur Bruno ELLA NGUEMA prenant la parole au cours de la marche du samedi 2  septembre 2017 a fait une proposition importante pour prévenir les violences électorales au Gabon.

Nous publions intégralement son intervention au cours de cette mobilisation:

Chères-Chers compatriotes,

Nous venons de vivre une semaine dure d’images et d’émotions.

 

Nous étions tous émus une fois de trop en regardant la liste de ceux qui sont tombés pour le Gabon.

N’oublions jamais qu’ils sont tombés pour que d’autres restent debout. Mais ceux qui restent debout n’honoreront leur mémoire qu’en gardant la flamme de la résistance jusqu’à la libération totale du Gabon.

On ne peut pas avoir commémoré la mémoire de nos martyrs sans être en paix entre citoyennes et citoyens résistants.

Dans ces moments de commémoration, nous ne devons pas biaiser, nous devons être francs avec nous-mêmes et avec nos morts pour que le geste de compassion que nous exprimons à leur mémoire soit pur et sain.

Dans commémoration il y a communion et dans communion il y a union.

Nous avons donc un devoir d’union jusqu’à la victoire finale, la libération totale du Gabon.

Nous communions avec la mémoire de nos martyrs, de toutes celles et tous ceux qui ont été assassinés par le régime des Bongo depuis près de 50ans. Cela exige de nous l’abstinence la plus absolue devant les querelles d’égos, de jalousie et de considérations ethniques rétrogrades pour ne retenir que ce qu’il y a de positif en chacun d’entre nous.

Car disons-nous la chose suivante :

Le nom qui est sur la liste des assassinés (martyrs) aurait pu être le mien ou celui d’un compatriote que je hais à tort, sauf qu’il est mort pour notre pays et donc pour nous.

Chacun de nous doit donc s’identifier en chacun de ces noms (martyrs) et se dire que ça aurait pu être lui…

Alors chères et chers compatriotes,

Nous vous invitons à honorer leurs mémoires en ne renonçant pas au slogan qui galvanise la résistance depuis un an : Nous irons jusqu’au bout et donc jusqu’à la victoire de nos martyrs.

Mais autant cette compassion est profonde, autant aller jusqu’au bout implique que nous devrions prévenir d’autres victimes, d’autres martyrs.

En effet, triste est de constater que presque tout pouvoir politique en Afrique s’obtient par la force militaire répressive et meurtrière, la force des armes, et non par conviction idéologique ni par la liberté des citoyens à choisir leur candidat.

Si la politique c’est l’art de prévoir, l’intelligence c’est l’art de prévenir. Alors nous devons considérer que ce qui s’est passé le 31 août 2016 à Libreville au Gabon pourrait faire jurisprudence non seulement au Gabon, en Afrique, mais dans d’autres pays dans le monde.

Pour ce qui est du Gabon en particulier, toutes les intelligences de ce pays devraient faire inscrire dans la loi fondamentale, et ce conformément au respect de la vie des citoyens, elle-même conforme aux droits de l’homme, ce qui suit :

 

Toute violence mortelle ou physique exercée par les forces de l’ordre public (ou garde républicaine) ou milices contre les populations civiles qui manifesteraient pour leurs droits fondamentaux (liberté d’expression, de choisir leur Président), et que cette violence mortelle est constatée par un dépositaire de la loi (Avocat ;huissier…) et/ou par des corps habilités (Médecins…) avant-pendant-après les élections, ferait automatiquement annuler les résultats prononcés par la cour constitutionnelle elle-même.

 

Cette loi fondamentale aurait un double avantage :

  • Celui de préserver la vie des citoyens gabonais libres et innocents,
  • Celui de contraindre aussi bien le candidat en exercice du pouvoir, que les autres candidats, à protéger réciproquement les populations qui revenaddiquent légitimement le respect de leur choix de vote.

Il reviendra donc au Président élu démocratiquement, une fois investi, de faire évoluer la Constitution du Gabon en invitant tous les corps constitués et les spécialistes du droit constitutionnel à plancher sur ce projet de loi  vital pour de nombreuses vies en sursis dans une dictature aussi violente et incompétente que celle que ce peuple subit depuis près de 50ans.

 

Vive la diaspora gabonaise,

Vive le Gabon nouveau.

 


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