Convention de la Diaspora Gabonaise
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Nouvel an: Les vœux de la Convention de la diaspora Gabonaise (CDG)

31/12/2019

Nouvel an: Les vœux de la Convention de la diaspora Gabonaise (CDG)

Gabonaises, Gabonais et amis du Gabon,

L’année 2019 s’achève, au nom de la Convention de la Diaspora Gabonaise (CDG), je tiens à vous adresser mes vœux les plus patriotiques, fraternels et amicaux.

Je nous invite à avoir une pensée de soutien aux prisonniers politiques, aux enseignants sans véritables moyens avec pour conséquence l’arrêt des cours et les élèves dans les rues. Je leur réitère notre solidarité et encourage la mobilisation des syndicats pour que la lutte continue afin de garantir un meilleur niveau d’enseignement à la jeunesse.

Je veux parler également des personnels de la santé qui, dans un cadre professionnel délabré et un plateau technique laissé à l’abandon, se battent nuit et jour pour sauver des vies déjà bien précaires.

Pensons aussi à tous les travailleurs gabonais qui luttent pour nourrir leurs familles, tout simplement pour vivre.

Et enfin une pensée à une jeunesse gabonaise qui est sacrifiée tout au long du règne d’un seul parti sans alternance politique. Une jeunesse sans emploi ni perspective, c’est un drame !

A l’aube de cette année 2020, les Gabonaises et les Gabonais ne voient toujours pas se réaliser la moindre aspiration relative aux réformes politiques et aux développements économique et social de leur pays. Toutes les initiatives engagées dans ce sens par les forces de l’alternance et du changement sont délibérément enrayées, et systématiquement noyées dans les abîmes obscurs des pratiques du système Bongo-PDG.

Cette situation qui nous interpelle sans répit doit renforcer notre détermination à poursuivre la lutte que nous menons ensemble pour libérer le Gabon de cette dictature familialement, ethniquement et régionalement transmissible.

Cette année encore, nombre de nos compatriotes nous ont quitté. En saluant leur mémoire, ayons une pensée pour tous ceux qui sont tombés sous les balles et les bottes d’un régime qui érige la violence et la terreur en système de gouvernance et maintient les populations dans une situation d’indigence, de misère et de précarité.

Ni la médisance, la diffamation, ni les mensonges, la manipulation, ni la défection, la trahison, ni la résignation, l’abandon, ni tout autre tentative de détournement de l’objectif n’auront raison de la détermination de la CDG à poursuivre le combat pour libérer le peuple Gabonais de l’imposture et de la dictature.

L’expérience du temps et l’expertise de tous les indicateurs d’activités d’un État nous ont démontré à suffisance que le Gabon ne peut plus rien espérer d’un régime qui le ruine depuis plus d’un demi-siècle avec la complicité de certains hommes politiques et hommes d’affaires français.

Le temps nous aura également démontré que depuis 2016, un homme, Jean PING, n’a pas trahi son peuple après qu’il l’ait eu choisi le 27 août de cette même année. Cependant il appert que malgré le statut souverain dont jouit le peuple dans tout état démocratique digne, lorsque celui-ci choisit le citoyen qui doit conduire son destin, cette alternance souhaitée n’est jamais exaucée. Et une fois de trop celle de 2016 ne l’est pas jusqu’à ce jour, voici 3 ans échus.

Une intuition nationale nous avertit que si nous continuons dans le déni, une omerta qui consiste à ne pas dire certaines vérités flagrantes et fondamentales, nous serons tous complices et comptables de ce qui pourrait se produire, comme cela s’est produit dans d’autres pays ou dans l’histoire de l’humanité, c’est-à-dire un réflexe de survie nationale qui conduit naturellement à un déferlement de violence légitime de libération et au-delà de tout contrôle. Une situation que nous déplorerons tous, tout au moins ceux qui ne sont pas aux commandes destructrices du Gabon. Une situation cyniquement ou idiotement entretenue par certains gabonais et leurs assimilés étrangers, sans comprendre la finalité de cette mécanique.

Gabonaises, Gabonais et amis du Gabon,

Est-il tribaliste, ou excluant, voire inapproprié dans un État qui se dit démocratique, de poser les questions qui suivent ;

- Voici plus de 50 ans que le Gabon est dirigé par une famille, une ethnie et que cette ethnie se trouve dans une même province. Pourquoi ?

- Après plus 50 ans de pouvoir présidentiel sans alternance aucune, le bilan économique est l’un des plus piteux qui soient, pour un pays aux énormes potentialités à tous points de vue. Pourquoi ?

- Après plus de 50 ans de pouvoir présidentiel sans alternance aucune, le cœur de l’État est profané et trahi en l’ayant livré à des individus non nationaux (Béninois, Maliens, Sénégalais, Somaliens,etc), sous le regard résigné et impuissant du peuple meurtri. Pourquoi ?

- Après plus de 50 ans de pouvoir présidentiel sans alternance aucune, sur le plan institutionnel, le Gabon continue de subir un viol permanent et une confiscation des outils régaliens au détriment du bien de la nation toute entière. Pourquoi ?

- Après plus de 50 ans de pouvoir présidentiel sans alternance aucune, sur le plan politique, le parti unique est toujours tout puissant en continuant de tout massacrer sur son passage. Pourquoi ?

- Sur le plan juridique, ce pouvoir est sous le boisseau et au service d’un parti-État dont l’arbitraire est la prédilection.

- Sur le plan humain, n’ont-ils pas une once de sensibilité pour tous les martyrs exécutés devant leurs familles parce qu’ils ont simplement souhaité, voulu, et espéré une alternance politique dans leur pays alors que celui-ci est dirigé depuis plus de 50 ans par une famille, une ethnie d’une seule et même province ?

- Est-ce remuer l’épouvantail du tribalisme que de vous appeler à un peu d’empathie, d’humanité et de patriotisme au sens vrai du terme ?

Affligé de ce qui précède,

Chères gabonaises, chers gabonais et amis du Gabon,

N’est-il pas légitime, démocratique, responsable et humain de soulever les points qui suivent sans être jeté aux orties par les mêmes manipulateurs et fossoyeurs de la république depuis plus de 50 ans ?

À nos frères et sœurs de la famille Bongo, de l’ethnie de cette famille, de la province de cette ethnie, n’est-il pas temps de vous confesser, pour des personnes qui se sentent citoyens d’un pays qu’ils prétendent aimer et dans lequel vivent aussi d’autres ethnies dans d’autres provinces ?

Après avoir échoué dans TOUS les domaines qui caractérisent juridiquement, politiquement, économiquement, socialement, culturellement et spirituellement un pays, ne daignez-vous pas vous rétracter, de comprendre qu’il est temps de dire OUI nous avons échoué. NOUS n’avons pas été à la hauteur d’élever ce beau pays béni par la nature au rang qu’il méritait, si compétence et patriotisme étaient vraiment au rendez-vous ?

Posez ces questions, est-ce du tribalisme ? Non !

Cela relève plutôt de l’amour que tout citoyen doit manifester à sa mère-patrie, s’il l’aime sincèrement.

Aimez-vous vraiment votre pays ?

Aimez-vous vraiment les autres ethnies des autres provinces de votre pays ? 

Permettez-nous de douter. Pourquoi ?

Depuis plus de 50 ans, votre omniprésence, voire omnipotence dans tout élan qui se met en place pour impulser une alternance politique au Gabon, sur le territoire gabonais comme dans la diaspora, finissent par révéler une stratégie malthusienne du pouvoir qui consiste à circonscrire le pouvoir présidentiel à une ethnie d’une seule et même province, au détriment de l’intérêt national.

Autrement dit depuis l’avènement du multipartisme au Gabon vous avez infiltré tous les mouvements et tous les partis politiques pour « tuer dans l’œuf » tout ce qui se mettrait en place pour conduire légitimement le Gabon vers une vraie démocratie qui permettrait au peuple de choisir librement une femme ou un homme compétent et sérieux pour diriger le Gabon.

Si vous récusez cette vérité, chers frères et sœurs qui prenez en otage le pouvoir présidentiel au Gabon depuis plus de 50ans, alors laissez le choix du peuple s’appliquer.

Laissez le choix souverain s’appliquer, car ce peuple a maintes fois décidé de transférer le pouvoir présidentiel à d’autres ethnies d’autres provinces depuis 1990 ; à l’Estuaire (P. Mba Abessole en 1993), à la Ngounié (P. Mamboundou en 1998), au Woleu-Ntem (A. Mba Obame en 2009) et depuis 2016 à l’Ogooué Maritime par J. Ping.

 

Et tous ces viols du choix du peuple, vous les avez accompagnés d’assassinats de braves citoyens en endeuillant des familles jusqu’à ce jour. La liste est longue…

Laissez donc ce souhait, ce choix être exaucé, si vous aimez le Gabon !

Laissez, car vous avez lamentablement échoué.

Mais cet échec n’est pas une tare qui vous incombe exclusivement, car tout homme est faillible et donc susceptible de commettre les pires atrocités qui soient, telles que celles décapiter l’avenir de tout un pays pendant plusieurs générations.

Soyez républicains si vous sentez une conscience gabonaise en vous, si vous aimez ce pays et son peuple, laissez !

Cet aveu vous grandira, car c’est un caractère d’humilité, d’intelligence et donc d’humanité. Et il faut beaucoup d’humanité quand on aime son pays et son peuple.

À l’image du scénario (montage en court métrage) que les populations subissent ces dernières semaines, le Gabon mérite une autre référence que celle qui lui est imposée par une équipe qui brillent par son incompétence, son arrogance et son ignorance des valeurs de la force des institutions d’un État.

Qui sera comptable de ce contentieux Ô combien lourd ?

La famille Bongo ? son ethnie ? sa province ? ou la nation tout entière ?

Chers compatriotes et chers amis du Gabon,

Comprenez par ces mots qui expriment des maux profonds, qu’il faudra aux uns une repentance régionale, et aux autres une forte capacité de résilience nationale pour reconstruire ce pays.

Oui il le faudra pour le bien de nous tous, l’avenir des 9 provinces du Gabon indivisible !

Toute démocratie digne s‘évalue par sa capacité à s’imposer un « turnover » de sa classe politique par le choix légitime et souverain de son peuple, et mieux encore par sa capacité à s’imposer des institutions fortes avec des dirigeants démocratiquement choisis.

Aucune dictature n’est invulnérable dans ce monde. Elles finissent toujours par être déchues par la volonté des citoyens pacifiques et/ou belliqueux qui ont conscience que leur pays mérite mieux.

La synergie intergénérationnelle tant souhaitée et impulsée par la CDG en 2011, impliquant d’entrée Feu A. Mba Obame, puis J. PING jusqu’à ce jour, en passant par tous les autres acteurs politiques sexa et septuagénaires nous a démontré ses limites.

En effet la difficulté de cette stratégie est probablement due au fait que certains notables, dans leurs ambigüités récurrentes, s’obstinent à croire qu’ils détiennent la clé absolue de l’avenir du Gabon qui, pourtant, ne leur appartient plus, s’ils ne sont pas francs avec le choix du peuple.

Il faut donc rompre avec cette tradition africaine qui consiste au respect absolu et incontestable des choix des plus vieux, même si ces vieux ne sont pas sages ni protecteurs de leurs progénitures.

Il nous semble, par ailleurs, que l’objectif de tout parti politique est avant toute chose la prise du pouvoir. Si tel est l’objectif des différents partis de la coalition autour de J. PING, pourquoi font-ils porter toute charge à J. PING ? Où sont les leviers qu’ils ont prévus pour potentialiser la constance et la fidélité de celui que les gabonais ont choisi le 27 août 2016 ?

Disons donc à cette génération qu’il est temps d’associer celles qui suivent et les plus jeunes à tout ce qui se projette pour le Gabon.

La vie passe et doit passer pour tout être vivant, qui plus est lorsque ce dernier est mère ou père d’une progéniture.

C’est en souffrant de ces maux, à l’échelle de la nation, que la CDG proposera, le 25 janvier 2020 à Paris, sa nouvelle vision des rapports Franco-Gabonais.

Des rapports qui, qu’on le veuille ou pas, sont plus à redéfinir qu’à ignorer en établissant d’autres accords par naïveté de retrouver un âge d’or avec une sacro-sainte relation avec des partenaires dont les objectifs, nous le savons, ne sont pas moins prédateurs que ce que nous dénonçons depuis toujours. Il ne s’agit pas de changer un bonnet blanc par un blanc bonnet pour se convaincre d’une évolution ou d’une puissance.

Nous sommes convaincus qu’un autre Gabon est possible, un Gabon réconcilié et prospère. Nous devons y œuvrer ensemble, avec tous nos alliés proches et lointains.

Pour ce faire, la Convention de la Diaspora Gabonaise travaille depuis près de deux ans sur deux axes, intérieur et extérieur, pour impulser une nouvelle donne politique, un New Deal, tant sur les relations Franco-Gabonaises que sur les piliers régaliens de l’État gabonais.

Cette nouvelle approche (New Deal) verra dans les prochains mois, la mise en place d’une équipe radicalement différente, à tous points de vue, de celles qui déroutent aussi bien le Gabon que la France depuis plus de 50ans de règne d’un seul clan. Un clan dont les seuls caractères sont l’incompétence et l’accaparement tribaliste et régionaliste du pouvoir présidentiel.

Ainsi, les gabonais(es), les franco-gabonais(es) et autres binationaux gabonais(es) qui composeront cette équipe seront triés sur le filtre de leurs compétences avérées, de leur détermination et par la virginité politique qui les caractérise. Ces critères sont le seul gage d’une crédibilité auprès de tous partenaires sérieux et légitimes.

Lorsqu’il s’agit de vouloir libérer et redresser un pays qui n’a été que floué et violé par des diplômés cupides, d’hommes et de femmes qualifiés mais sans rendement effectif pour leur pays, il est plus que temps d’être franc envers le Gabon et envers la France qui est son partenaire historique.

Le New Deal Franco-Gabonais est plus qu’une révolution idéologique d’actualité à l’aune des nouvelles cartes géopolitiques et géostratégiques qui se dessinent.

Gabonaises, Gabonais, amis du Gabon,

C’est ensemble que nous devons continuer ce combat pour combler les attentes de tous, celle d’une nouvelle République.

Mais pour y arriver, il faut avoir un amour de la patrie, une conscience gabonaise, faire une analyse froide, constructive et légitime. C’est le devoir de la CDG.

La Convention de la Diaspora Gabonaise vous souhaite ses vœux, les meilleurs, pour l’année 2020,

Que Dieu vous bénisse,

Pr Bruno Ella Nguéma

Le Président de la Convention de la Diaspora Gabonaise.


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