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23 mai 90-23 mai 19: 29 ans après, Joseph Issani Rendjambé, plus vivant que jamais !

23/05/2017

23 mai 90-23 mai 19:  29 ans après, Joseph Issani Rendjambé, plus vivant que jamais !

Un parcours exceptionel pour un destin extraordinaire

Le combat pour la libération du Gabon est une lutte engagée depuis près de cinquante ans. Ce 23 mai 2019 cela fait 29 ans que Joseph Issani Rendjambé a consenti au sacrifice ultime pour libérer notre pays.

Nous rendons hommage à une de nos boussoles à l'heure où le Gabon s'apprête à basculer du côté de la lumière.

Ce digne fils du Gabon, naît en 1939 dans la lagune du Fernan Vaz dans  la province de l’Ogooué-Maritime. Il est une source d’inspiration pour la jeunesse gabonaise aussi bien pour son parcours scolaire que pour son action politique.

Il fut élève au Collège Bessieux. Après son baccalauréat, Joseph Issani Rendjambé quitte le Gabon pour la France  où il s’installe à Paris pour suivre un cursus universitaire en philosophie à l’Institut Catholique.

Mais, comme de nombreux jeunes étudiants gabonais, il rêve d’un autre Gabon, celui où la répartition de la richesse serait plus équitable pour garantir le développement de tout le pays. Il va donc militer dans de nombreux mouvements étudiants en France tels que l’Association Générale des Étudiants du Gabon (AGEG) branche de la  très puissante Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF). Son militantisme lui a valu des démêlés avec les autorités gabonaises. Et,  le contraint à quitter la France pour la Tchécoslovaquie où il poursuit des études en études en sciences économiques couronnées par un doctorat d’état. Il repassera une autre thèse de doctorat en France avec brio, parce que ses diplômes tchèques ayant été refusés dans son pays.

Du vent de l'Est à la Conférence Nationale

 

La tête bien pleine et les convictions politiques de plus en plus affirmées , Joseph Issani Rendjambé regagne le Gabon en 1971 avec la ferme volonté de voir ce pays se démocratiser car pour lui, la démocratie est un préalable incourtournable au développement de notre pays. Une vision qui est d’ailleurs toujours d’actualité.

Ce qui n’était pas pour plaire au régime d’Omar Bongo. En 1972,  sous le prétexte d’un fallacieux complot communiste, une vague chasse aux sorcières est mis en place, Joseph Issani Rendjambé est emprisonné aux cotés  Pierre Louis Agondjo Okawé, son cousin avec qui il créera plus tard le PGP. Ils seront libérés quelques années plus tard.

Mais ses convictions politiques sont renforcées par la cruauté d'Omar Bongo et la misère de peuple gabonais. Le boum pétrolier des années 70 que connut le Gabon fait les fortunes des dignitaires du régimes pendant que les populations vivent dans une précarité absolue. La fin des années 80 et la crise économique mondiale conjuguée à la chute du Communisme, le vent de l'Est gagne les côtes gabonaises, sous la pression Omar Bongo est contraint de tenir compte de revendication du peuple. Le retour au multipartisme n'est plus un serpent de mer.

En mars 1990, à l’orée de la Conférence Nationale, il crée officiellement le Parti Gabonais du Progrès (PGP) avec Guy Nang Bekalé, Marc Saturnin Nang Nguéma, Christian Robert Moungoungou, Benoît-Joseph Mouity-Nzamba, Anselme Nzoghe et Moïse Nsolet Bitegue. Il en devient le 1er   le secrétaire général.

Fin stratège, il est décrit au sein du Parti Gabonais du Progrès (PGP) comme une personnalité disposant d’une longue expérience politique et de connaissances dans des domaines variés. Dynamique et possédant un sens de l’organisation irréprochable avec un autorité naturelle. Aussi sa précieuse contribution à l’édification de la Conférence Nationale du 23 mars au 19 avril 1990 pour un retour au multipartisme et une démocratie véritable laisse des souvenirs inoubliables dans les mémoires de ses concitoyens.

Certaines langues disent d'ailleurs que c'est au cours de cette conférence que son sort fut scellé pour avoir remis à sa place une certaine personne.

L'assassinat de trop...Joseph Issani Rendjambé martyr

Malheureusement dans la nuit du 22 au 23 mai 1990, il est crapuleusement assassiné dans un hôtel de Libreville. Le pays bascule alors dans une violence sans précédent  à Libreville et Port-Gentil, où les populations incendièrent  des édifices publics, le siège du Parti démocratique gabonais (PDG) Akébé-Ville, ainsi que l’école des cadres du parti (CUSPOD) qui le jouxte, des biens personnels des membres de la famille Bongo et surtout les locaux de l’hôtel Dowé, où le corps du leader politique avait été retrouvé sans vie. Une mort non encore élucidée.

Le document vidéo de l'Ina ci-dessous illustre bien le climat qui régnait après l'assassinat du secrétaire général du PGP.

Pour Mouity Nzamba, Président du Parti Gabonais du Progrès (PGP) la personnalité de Joseph Issani Rendjambé doit être connue de la jeunesse, un véritable modèle.  Il aimait la liberté et la justice : " Il a été le premier président de la Jeunesse étudiante chrétienne, très éveillé aux questions sociales." Et de poursuivre : "Parti du Gabon, il s'inscrit au département de philosophie de l'Institut catholique de Paris. Il adhère à l'Association des jeunes étudiants du Gabon (AGEG) et à l'Association des étudiants d'Afrique noire de France(FEANF). Il a failli se faire arrêter par la police à cause de son militantisme et a réussi à s'installer en Tchécoslovaquie où il s'inscrit en Sciences économiques où il sortira Docteur.» Son patriotisme restait intact.

C’est donc cet héritage que nous devons bonifier pour atteindre l’idéal de partage, de liberté, de prospérité que chacun de nos martyrs a tracé, un Gabon libre et protecteur où l’état de droit guiderait la gestion de l’espace public.

Dans la postérité...

 

Joseph Issani Rendjambé est un précurseur de la Résistance Gabonaise face la dictature de la famille Bongo Ondimba, sa mort le 23 mai 1990 lança un esprit de révolte encore jamais vu au Gabon. Sa vie illustre une citoyenneté assumée, avec des droits et des devoirs.Et un attachement indéfectible pour le progrès social et économique de chaque couche de la population gabonaise.

 

Cet anniversaire ne doit en aucun cas être un moment de tristesse où la blessure d'une mort non élucidée peine à cicatriser. En revanche,il doit  être vécu par la jeunesse comme une invitation à redoubler de courage pour faire respecter la souveraineté et la dignité du peuple gabonais. Le passé aide le présent et éclaire l'avenir. Joseph Issani Rendjambé est une boussole pour la Résistance actuelle comme Ernest Ouandiè, nous le rappelle : «le sang des patriotes est une semence de patriotisme» depuis le 27 aout 2016, les gabonais partout dans le monde l'attestent

Cet esprit  doit  aujourd’hui s'éveiller en chacun de nous, pour que nous puissions enfin  le travail engagé par nos martyrs. Pour y parvenir il nous faut agir sans sectarisme, sans tribalisme , et sans régionalisme, tous ces reflexes retrogrades qui ont longtemps retardés l'alternance politique. Pour voir enfin, une société démocratisée se mettre en place pour garantir à chaque gabonais le bonheur.  Tel que le rêvait Joseph Issani Rendjambé.

 

A l’heure où nous rendons hommage à cet illustre fils de la nation , nous avons une pensée très émue pour sa famille, son épouse Marie-Clotilde Rendjambé et leurs enfants. Qu'il nous soit permis de leur dire ceci:"La Nouvelle République gabonaise que dirigera Jean Ping saura vous rendre hommage. Chaque famille gabonaise est vôtre".

mis à jour ce jeudi 23 mai 2019


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